11 janvier 2010
Résolutions

J'étais assise, là, sur la chaise dont on aurait pu penser que l'ébéniste avait trop songé au prie-dieu de sa grand-mère tant sa taille était basse. Là, tout près de la cheminée où le feu crépitait dans l'âtre. Ce soir c'était une bûche de noyer qui réchauffait mes oreilles.
Mes pensées s'égrenaient, c'était comme le disait les anciens, le temps des résolutions.
Les miennes, elles se présentaient une à une alors que dans le ciel les étoiles apparaissaient tour à tour. Maintenant je pouvais observer Orion et sa bételgeuse. A cette époque de l'année, on pouvait la voir dans le ciel, resplendissante et de ma chaise je la contemplais sans craindre les frimas de l'hiver.
Soudain, l'ordinateur tinte, bien calmement il me prévient qu'un mail est dans ma boîte.
Je lis pourtant encore quelques pages de Blast puis en ce soir du 31 je me laisse porter vers l'ordinateur.
Un message sur mon blog, des mots qui courent et mes pensées se détachent du livre
Choisir un songe, S'y tenir, Quoiqu'il en coûte.....
Quoi qu'il en coûte, peut-on quoi qu'il en coûte se tenir à son songe ?
Le ciel se voile peu à peu, Orion disparaît laissant la place à quelques flocons de neige. Les nuages couraient sur la lune enflammée.
En cette nuit du 31 décembre, j'enfile mon manteau, mes gants, entortillonne mon cou dans une écharpe. Mes pensées me portent là-haut. Les flocons se font plus pressants et le sol se recouvre rapidement d'un beau manteau blanc, seuls mes pas viennent rompre le calme de la tempête.
Mon songe me poursuit, ou peut être bien est-ce moi qui le poursuis. Il ne cesse de brinqueballer dans mon crâne. Tantôt me réjouissant tantôt m'effrayant. Et ce soir ces mots viennent raviver mes pensées.
Au loin, de l'autre côté de la rive, un feu d'artifice, minuit a sonné et la nouvelle année est là.
Les résolutions sont prises, s'étioleront-elles comme la belle bleue ou s'enracineront-elles comme ce jeune chêne qui pousse à côté de mes pieds ?
Je prends le chemin du retour, la neige a cessé de tomber, le ciel s'éclaircit laissant les étoiles reprendre leur posture. Une étoile filante nargue mes yeux, un souhait un seul, que mon songe devienne réalité.
car il faut très jeune
avoir choisi un songe
et s'y tenir
comme à sa fleur tient la tige
contre toute raison.
(extrait de A l'impossible on est tenu Jean-Pierre Siméon, ICI, Poèmes pour grandir Cheynes éditeur - Février 2009)
Bonne année à tous, qu'elle soit emplie de douceur et......
15:37 Publié dans les impromptus | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : résolution, crpe, siméon, les impromptus littéraires