28 juin 2009
Le boudoir du songe
Dans le petit boudoir de Mademoiselle, je viens me réfugier. Quelques heures, que dis-je quelques jours me séparent encore du moment où mes yeux vont s’agiter devant la page de la lettre P du site ocean.ac….
Dans le noir du boudoir, je songe à mon songe. Toutes ces années passées qui ne semblent tenir qu’à un mot. Ce long combat, je me demande encore quant avait-il réellement commencé. Etait-ce alors que je n’avais que quelques années et que j’étais assise sur les bancs de l’école ? Etait-ce après le bac? Qu’importe un brin de songe était resté, je l’ai senti me tournicoter les neurones bien des années après quand j’ai répondu à Noémie : j’aimerais tant mais c’est impossible, je ne peux pas...
Aujourd’hui je regarde hier, le chemin parcouru. Je pense.
Je me souviens de nos fous rires et l’histoire qui restait immuablement hermétique à mes neurones, Marco polo avec des Nike pour arriver à pied en Chine, pas de bateau pour lui !
Je me souviens du blues des poux !
Je me souviens du premier concours blanc de français. Je m’étais retrouvée ensevelie sous une multitude de mots, impossible de les figer, ils gesticulaient comme des limaçons. Feuille blanche qui m’hypnotisait, peur de ce filet bleu qui traçait des signes.
Je me suis battue contre des vieux fantômes.
Nulla dies sine linea, me confronter à la page, aux lettres, aux mots.
Chemin faisant, d’une ligne à l’autre, j’ai appris.
Impossible c’était le mot que j’avais associé à instit. Hier, au concours, c’est avec à l’impossible on est tenu de Jean Pierre Siméon que j’ai défendu ma place, un grain de folie ? Probablement.
Du boudoir, je vous vois, je ris, je souris. Le chemin d’hier continue sa route vers demain.
Les prochaines années ne tiennent pas qu’à un mot, elles seront riches d’hier.
17:14 Publié dans les impromptus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : depassement, siméon, ici
28 février 2008
Tout aimer

Même le froid et ses morsures
même l'heure qui sépare
et les déserts du chagrin
Aimer l'arbre fendu
la fontaine sans eau
et le visage blessé
où ne vont plus les songes
Aimer les mains qu'on n'a plus
et la caresse abandonnée
et la saison obscure
que n'éveille plus l'oiseau
Croyez-moi
je sais de quoi je parle
j'ai le coeur léger comme vous
il faut aimer à en brûler
même l'instant sans joie
qui serre le coeur
qui serre le coeur
Jean-Pierre Siméon, in La nuit respire
09:42 Publié dans Jean-Pierre Siméon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : siméon, poésie