30 juin 2009
A l'impossible on est tenu
Photo de Fanny, sur les traces de Christian Voltz
Oui je sais que
la réalité a des dents
pour mordre
que s'il gèle il fait froid
et que un et un font deux
je sais je sais
qu'une main levée
n'arrête pas le vent
et qu'on ne désarme
d'un sourire
l'homme de guerre
mais je continuerai à croire
à tout ce que j'ai aimé
à chérir l'impossible
buvant à la coupe du poème
une lumière sans preuves
car il faut très jeune
avoir choisi un songe
et s'y tenir
comme à sa fleur tient la tige
contre toute raison
Jean-Pierre Siméon, ICI, Poèmes pour grandir
Cheynes éditeur - Février 2009
08:00 Publié dans Jean-Pierre Siméon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean pierre siméon, crpe, ici
28 juin 2009
Le boudoir du songe
Dans le petit boudoir de Mademoiselle, je viens me réfugier. Quelques heures, que dis-je quelques jours me séparent encore du moment où mes yeux vont s’agiter devant la page de la lettre P du site ocean.ac….
Dans le noir du boudoir, je songe à mon songe. Toutes ces années passées qui ne semblent tenir qu’à un mot. Ce long combat, je me demande encore quant avait-il réellement commencé. Etait-ce alors que je n’avais que quelques années et que j’étais assise sur les bancs de l’école ? Etait-ce après le bac? Qu’importe un brin de songe était resté, je l’ai senti me tournicoter les neurones bien des années après quand j’ai répondu à Noémie : j’aimerais tant mais c’est impossible, je ne peux pas...
Aujourd’hui je regarde hier, le chemin parcouru. Je pense.
Je me souviens de nos fous rires et l’histoire qui restait immuablement hermétique à mes neurones, Marco polo avec des Nike pour arriver à pied en Chine, pas de bateau pour lui !
Je me souviens du blues des poux !
Je me souviens du premier concours blanc de français. Je m’étais retrouvée ensevelie sous une multitude de mots, impossible de les figer, ils gesticulaient comme des limaçons. Feuille blanche qui m’hypnotisait, peur de ce filet bleu qui traçait des signes.
Je me suis battue contre des vieux fantômes.
Nulla dies sine linea, me confronter à la page, aux lettres, aux mots.
Chemin faisant, d’une ligne à l’autre, j’ai appris.
Impossible c’était le mot que j’avais associé à instit. Hier, au concours, c’est avec à l’impossible on est tenu de Jean Pierre Siméon que j’ai défendu ma place, un grain de folie ? Probablement.
Du boudoir, je vous vois, je ris, je souris. Le chemin d’hier continue sa route vers demain.
Les prochaines années ne tiennent pas qu’à un mot, elles seront riches d’hier.
17:14 Publié dans les impromptus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : depassement, siméon, ici