18 juillet 2009

Un livre à la terre

 

 Le matin, je me levais avec cette éternelle sensation de vide.

Perpétuelle solitude, du figuier à l’olivier mes pas me portaient, le temps prenait son temps, invariable journée, hiver ou été, pas un grain de sable pour enrayer la machine.

Pas un seul remous pour y jeter une bouteille, une bouteille à la mer.

Le souffle des livres, seul moment où je m’envolais vers d’autres destins, d’autres passions, celles des autres qui devenaient un peu miennes. Des odyssées narrant des récits de bouteilles à la mer j’en avais lues, j’en avais rêvées, d’une vie à l’autre elles portaient mes héros.

Mil fois j’avais écrit des messages, tour à tour glissés dans des bouteilles. Loin de la mer, loin des coquillages, loin du rire des enfants, loin des sirènes, elles avaient fini au fond de ma cave. Les bouteilles poussiéreuses avaient conquis un espace, désordonner l’ordre de mon existence.

Univers de  mots, espace de rêve, les livres étaient le gouffre de mes pensées.

Vint un grain de sable, un livre à la terre. Quelques mots sur une feuille glissée entre les pages d’un livre.

 Le silence s’en est allé, du figuier à l’olivier nos pas nous transportaient, le temps prenait son temps, soupçon de bonheur qu’une main avait semé. Prendre soin de nous.

 

 

La contrainte : Les impromptus