03 juillet 2008
Les nocturnions, Peuple de la nuit 6
Les enfants du voisinage arrivèrent progressivement. Le village savait que c’était le grand jour. La lutte avait été longue, des semaines, des mois, des années s’étaient écoulés avant ce jour. Mathilde servit un rafraîchissement à ses convives, elle sortit les gâteaux préparés pour l’occasion. Un camion se fit entendre. Le transporteur passa la grille. Il sortit six cartons. C’est Mathilde qui ouvrit le premier, elle en sortit un livre. Pas un pavé de six cents pages, non, elle en sortit Les nocturnions, Peuple de la nuit, leur premier album jeunesse. Mathilde avait illustré ce qu’Oscar avait écrit. Son travail était le reflet de son amour pour la nature. Chaque illustration était un tableau. Elle contemplait la couverture. Un sourire illumina son visage. Comme un souvenir qui surgit soudainement. Oscar se souvint aussi. Il raconta alors tout ce temps passé à choisir une police pour écrire le titre, et comment finalement Mathilde avait pris sa plume. Le titre s’était alors inscrit dans le tableau. Ils avaient travaillé ensemble cherchant à donner le meilleur d’eux-mêmes. Mathilde rayonnait.
Leur livre était là.
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30 juin 2008
Les nocturnions, Peuple de la nuit 5
Ils partirent tous en promenade. Le chemin longeait des champs de lin en fleur, on passa devant la ferme. Gaston était à l’étable, la blanche venait de mettre bas, sa femme proposa aux promeneurs de venir voir le nouveau-né. Le veau était d’une blancheur similaire à celle de sa mère. Les enfants étaient ravis de ce spectacle. Elle les conduisit ensuite au pâturage, de nombreux veaux étaient en train de téter leur mère. Les fermiers connaissaient bien leur voisin. Mathilde venait chercher son lait et ses œufs à la ferme. Ils avaient sympathisé et passé quelques soirées ensembles. Gaston avait senti l’attirance que Mathilde avait pour la nature. C’est lui qui l’avait initié au plaisir du potager. Il l’avait aidé à préparer son premier purin. Gaston aurait probablement aimé avoir une fille comme Mathilde mais la vie lui avait donné deux fils comme il disait deux fils partis à la ville. Deux fils qui avait oublié la couleur de la terre, l’odeur de l’herbe, la chaleur d’un rayon de soleil. Il vivait là où le ciment, et le bitume avaient pris la place de la terre, de l’herbe. Un temps, il avait lutté, interdit leur départ, mais finalement le cœur lourd il les avait laissés partir dans le monstre de ciment.
La joyeuse troupe repris le chemin de la maison, seize heure était proche. Quelques papillons les accompagnaient, ils voltigeaient autour d’eux et les enfants couraient, cherchant à en attraper. Mathilde les observait, ses pensées voltigeaient avec les papillons. Dans ses yeux, on pouvait lire son plaisir. Pour elle rien n’était plus doux que le rire d’un bambin.
Lorsqu’ils franchirent la barrière le livreur n’était pas encore là. Le temps de l’attente sembla interminable.
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26 juin 2008
Les nocturnions, Peuple de la nuit 4
Mathilde savait s’organiser. Un repas pour tant de convives ne lui faisait pas peur. Elle entreprit de préparer la mousseline de courgette, puis vint le tour de la tarte au citron.
Elle avait trouvé un jour cette recette sur Internet, pas de beurre, juste du citron, du sucre et des œufs. Mathilde confectionnait ses pâtes à tarte avec de la crème de noisettes, cela lui donnait un petit goût subtil. Il fallait être prêt pour midi, le temps allait filer ensuite et seize heures sonneraient bien vite. Oscar devait cacher les barricades qu’il avait installées près du patio. Quelques mois auparavant ils avaient décidés d’agrandir la maison, une ou deux pièces de plus allaient vite devenir indispensables. L’entrepreneur avait donc sécurisé le lieu afin qu’aucun enfant ne se blesse.
Les premiers invités arrivèrent vers onze heure trente, tout était en ordre. On flâna dans le jardin et à midi l’apéritif fut servi sous le patio. On parla fort, on rit, le vin coula sans excès toutefois.
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23 juin 2008
Les nocturnions, Peuple de la nuit 3
Quand elle revint, il avait fini son petit-déjeuner. Il était temps de se mettre devant les fourneaux et de confectionner le repas du midi. Elle avait prévu une mousseline de courgette avec des copeaux de parmesan et une sauce basilic, venait ensuite le poisson, des filets de rascasse accompagnés de légumes printaniers, le dessert ne pourrait être autre que sa fameuse tarte au citron. Leurs amis appréciaient cette manière qu’ils avaient de recevoir. Les repas que Mathilde préparait alliaient toujours finesse et diététique. La plupart des aliments provenaient de son jardin. Le vin, c’était Oscar qui le choisissait ; sa cave, il l’avait enrichie au fils des ans. Il savait marier les mets de sa femme aux vins raffinés.
Mathilde avait fait un détour par le potager afin d’y ramasser courgettes, pois gourmands et carottes. Le basilic poussait dans un pot décoré par sa filleule. Elle l’avait posé sur le rebord de la fenêtre. Il lui suffisait de l’ouvrir pour en cueillir quelques feuilles.
Chaque année Mathilde voyait avec bonheur arriver les premiers rayons de soleil qui réchauffaient la terre. Elle préparait alors les premières graines à planter, un peu de mesclun, quelques pieds de petits pois, le persil et les carottes. C’était une lutte sur elle-même, elle aurait aimé planter les tomates, les courgettes, mais tant que le temps des gelées n’était pas passé, elle savait le risque qu’elle faisait prendre aux jeunes pousses. Un jour, afin de mettre fin à ses dilemmes, Oscar lui avait confectionné une petite serre au fond du jardin, ainsi elle pouvait planter un peu plus tôt ses graines de courgette, celle que sa maman lui envoyait tous les ans. Francine allait en Italie les chercher, elle savait le plaisir ressenti par sa fille lorsqu’elle ouvrait l’enveloppe. Francine, elle-même mère de six enfants rêvait secrètement que sa plus grande fille lui offre enfin le bonheur d’être grand-mère. Parfois le regard plongé dans les pensées, elle entendait un enfant l’appeler Mamilou, surnom qu’elle trouvait si doux.
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20 juin 2008
Les nocturnions, Peuple de la nuit 2
Mais ce matin, Mathilde était déjà dans la cuisine, anxieuse et heureuse.
Elle devait confectionner le repas pour leurs hôtes. Ils avaient longuement discuté afin d’établir la liste des invités. Bien qu’ils sussent que le jardin s’emplirait de joyeux enfants dès le milieu de l’après-midi, ils souhaitaient passer un moment privilégié avec leurs amis afin de savourer ensemble ce bonheur.
Elle but son café puis partit sur la plage. Elle avait besoin de ce moment de calme, seule face à l’immense étendue d’eau. La douceur de ce matin de printemps lui permit d’ôter quelques vêtements. Elle s’allongea et posa délicatement sur son corps quelques galets, jouant ainsi à se transformer en tableau. Elle sentit le calme revenir, sa respiration devint plus paisible. Mathilde avait un surprenant rapport à la nature, elle flânait souvent suivant les chemins sans but précis. Ses mains aimaient à toucher toutes sortes de matériaux. De ses promenades, elle ramenait toujours, dans son sac, quelques objets glanés de-ci de-là. Sa maison était emplie d’œuvres d’art qu’elle avait fabriquées avec la nature, thème récurant dans toutes ses œuvres. Elle semblait entrer en communion avec tous ce qu’elle touchait. Il pouvait lui arriver de se lover dans la cavité d’un tronc d’arbre ou d’une pierre creuse, de se confectionner un cocon dans le sable. Elle parlait aux arbres, caressait leur écorce, regardait émerveillée le vol d’un tourtereau.
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17 juin 2008
Les nocturnions, Peuple de la nuit
Un concours de nouvelle, une contrainte pour écrire et me revoilà tapotant sur les touches de mon ordi...
Dix mots doivent apparaître dans le texte, dix mots tout droit issus de mai 68.
Peuple, police, plage, lutte, chienlit, barricades, pavé, veaux, ordre, interdit.
Belle lecture
Les nocturnions, Peuple de la nuit
Le soleil pointait sur le flanc de la colline. Ils avaient dormi la fenêtre entrouverte comme bien des nuits où la lumière de la pleine lune venait se réfléchir dans le miroir pour inonder la chevelure de Mathilde d’une lueur rousse. Oscar aurait pu passer des nuits à les couver des yeux. Un jeune couple de pigeons roucoulait sous la glycine en fleur, tirant doucement le couple du sommeil. De la cuisine exaltait le délicieux arôme du café qui venait parfaire le réveil du jeune couple. Cette journée, elle se devait d’être mémorable, deux ans qu’ils attendaient ce moment, deux ans qu’ils y pensaient. Oscar ne voulait pourtant pas se lever trop vite. Il aimait prendre son temps, lire paisiblement sous la couette. Voilà plusieurs jours que Zola l’accompagnait dans ses brins d’évasion avec l’assommoir. La veille il avait fini le 13e chapitre. La lecture était une de ses passions, il s’évadait, prenait du temps pour lui, rêvait, mais c’était aussi un plaisir qu’il partageait avec Mathilde. Il lui avait lu le passage où Coupeau se transformait en un vrai chienlit de la Courtille, avec sa blouse en lambeaux et ses membres qui battaient l'air et ensemble ils avaient imaginé cet homme dans sa cellule. Mathilde avait pris alors son fusain et crayonné une esquisse de Coupeau.
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26 septembre 2007
Le secret des nuits noires (7)
Il fallut quelques jours à Marius pour regagner la maisonnée de la sorcière. Lorsqu’il arriva, elle l’attendait sur le seuil de la porte. Son regard vert et perçant le transporta à travers son périple.
Il comprit alors ce que signifiait ce vert, il saisit la provenance de cette douce chaleur qui l’avait accompagnée durant son périple.
Il venait de vivre une sacrée aventure, durant tout ce temps, il avait grandi, il avait mûri.
Pour sûr ses pieds ne le maintiendront plus au sol de la même manière maintenant.
De retour dans son village il fut accueilli comme un Homme, Les soirées avaient repris leur rythme, les étoiles pouvaient de nouveau guider ce peuple, aider les graines à germer.
Traèbice avait été le témoin de ses profondes transformations, il l’avait vu grandir tout au long de son parcours, Marius avait fait preuve de patience, de courage, d’honnêteté. Il avait déposé quelques pierres sur son trajet, creusé quelques trous.
Il avait conscience que la présence en lui de ses amis l’avait porté, guidé et soutenu tout au long de son chemin.
Traèbice était devenu son ami, il avait su le conduire vers demain, vers la vie.
Quand la vie semble si dure, parfois on croise un grain de sable, parfois un sourire, parfois une main qui se tend et la vie peut reprendre ses droits, parfois le néant et la vie, la vie alors...
Alors, Prendre soin de soi, aller vers soi.
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12 septembre 2007
Le secret des nuits noires (6)
Marius reprit son chemin, il devait partir vers une nouvelle quête, il ne lui restait que peu de temps pour atteindre l'oliveraie. La feuille de chou lui indiquait le chemin à prendre.
Bien que marchant à vive allure, Marius ne voulait rien manquer de ce qui l'entourait, il voulait enfuir au plus profond de lui chaque paysage, chaque image et chaque odeur qu'il croisait. Le sentier était bordé de chêne liège, Marius aimait sentir sous sa main la rugosité de son écorce. Un morceau, chez lui, servait de desserte pour les fruits. Son père l'avait taillé dans le chêne derrière la maison. Il sourit tendrement en pensant à ses proches. Alors qu'auparavant la seule idée de penser à eux l'emplissait d'un profond chagrin, là, aujourd'hui il sentait leur présence en lui. Il était heureux. Le chemin devenait de plus en plus abrupt. La chaleur de cette fin de matinée commençait à rendre le parcours difficile. Marius n'avait plus une seule goutte d'eau.
Le sentier bifurqua brusquement, il semblait vouloir contourner une barre rocheuse. Marius sentait la fatigue le gagner. Au-dessus de lui, il voyait des branches d'olivier dépasser du rocher, il avait soif, le soleil tapait fort, mais il ne pouvait pas s'arrêter, il devait avoir atteint l'oliveraie avant la tombée de la nuit. C'était aujourd'hui le dernier jour pour récolter les feuilles d'olivier.
Il vit le sentier qui continuait en longeant la barre rocheuse, il lui restait quelques kilomètres à parcourir. Un pas puis un autre, il avançait lentement.
Lorsque le chemin passait dans les éboulis, il glissait et chaque pas pouvait le faire redescendre un peu plus bas. Il puisait au fond de lui le courage d'avancer. Il voulait arriver là-haut. Il en oubliait la douleur dans les jambes, la sécheresse de sa bouche, une seule chose comptait, parvenir aux oliviers.
Lorsqu'il atteint enfin l'oliveraie, le soleil brillait toujours, Marius ressentit un profond plaisir. Il avait réussi, il avait réussi à gravir cette barre rocheuse en allant au-delà de sa fatigue, de sa soif.
Il s'approcha de l'arbre central comme le lui indiquait la feuille de chou. Sur le tronc il vit alors une cigale. Elle s'était tue. C'était la première fois qu'il en voyait une. Il aimait cet insecte qui venait chanter durant l'été. Il l'avait imaginé tout autre, se parant de mille reflets. Il remarqua ses yeux, ils avaient de splendides marbrures vertes.
Tout en regardant la cigale, il ramassa les feuilles d'olivier, elle aussi semblait le regardait. Il était pensif, ces yeux, ce vert...
A suivre...
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26 août 2007
Le secret des nuits noires (5)
Après un petit passage où la feuille restait inexorablement blanche voici enfin, comme le diront certain, la suite.
Marius avait ramassé la plume de l’aigle, il avait la lavande, il lui fallait maintenant partir à la quête de feuilles de consoude. Il la connaissait bien, car cette feuille était très utilisée dans son village. On en faisait un purin. Celui-ci, très riche en minéraux, se trouve être un excellent engrais naturel, alors vous comprendrez bien que vivant dans leur paisible village, les habitants de Péailles sont aussi de grands connaisseurs en matière d’engrais bio.
Cette consoude, Marius devait aller la chercher après le rocher de la chèvre noire.
Il se mit en chemin, tout en marchant il admirait la beauté des paysages, il observait la nature, les insectes, il vit un petit lézard assoupi sur un rocher au soleil, soudainement il sentit une odeur, une odeur qu’il connaissait déjà, cela le fit frissonner, oui, cette odeur de rose ,c’était une odeur qu’il avait découvert un jour avec une amie, il se souvint de ce moment où il avait humé avec tant de force cette senteur afin d’en garder le souvenir. Marius avait au fond de lui des souvenirs où flottaient des fragrances, les uns menant aux autres. L’odeur du peuplier après une averse le renvoyait à son enfance, à la douceur des vacances, l’odeur du figuier le transportait chez sa maman. Marius avait sans aucun doute un odorat très développé, mais il aimait aussi sentir ce qui l’entourait, rechercher de nouveaux arômes, et facilement, il assimilait à des instants de bonheur, des odeurs.
Pour parvenir de l’autre coté du rocher de la chèvre noire, Marius devait emprunter un pont, un pont suspendu. Le vide, un immense et angoissant vide le fit reculer de trois pas. Il avait le vertige, comment allait-il pouvoir traverser ce pont, il regardait, de l’autre coté, le bout du pont, mais son regard finissait inexorablement au fond du gouffre, il tenta de s’approcher du pont, de mettre un pied, l’angoisse à chaque fois le gagnait et il devait reculer.
Il canalisa ses forces, chercha à se ressourcer, il se mit à penser à Traébice, s’il était là, à coté de lui, ce pont, il le franchirait, alors il sentit une effluve passer sous son nez, c’était une douce odeur d’iris, et pourtant, il n’y avait aucun iris autour de lui, alors il respira profondément et il prit conscience que le courage était en train de monter en lui, il s’avança près du pont, fit un premier pas, puis un autre. Il avait la sensation que Traébice était là, qu’il lui tendait les mains, il eut l'impression de le voir, là, de l’autre côté du pont, avec ses grands yeux verts. A côté de Traébice, il eut le sentiment de voir ceux qui jusque-là, à ses côtés, lui avaient donné le courage d’aller toujours plus loin, debout et la tête haute. Ils étaient tous là, ils l'encourageaient. Il se sentit fort et franchit le pont. Il trouva sans difficulté la consoude, il en ramassa un plein sac. Marius venait de saisir que mêmes absents les gens étaient présents au fond de lui et pouvaient l’aider à avancer…
A suivre…
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07 août 2007
Le secret des nuits noires (4)
L’heure était venue de redescendre, Il lui fallait aller chercher au Baou de saint Place, de la lavande. Marius devait la ramasser à une heure précise sans quoi elle n’aurait plus aucun pouvoir magique.
Il avait une longue route, le vent soufflait et emportait avec lui les effluves des herbes aromatiques qui l’entouraient. Le chemin qu’il empruntait était bordé de lavande, une multitude d’abeilles voltigeait, ivre du nectar des fleurs.
Il lui suffisait de se baisser pour ramasser autant de brins qu’il le désirait. Il continua son chemin.
Tout en marchant, Marius pensait ; il se souvenait de sa vie à Péailles, et de son guide, comme il l’appelait, cet homme qui lui avait appris tant de choses et pour lequel, il avait un profond respect. Jour après jour, il était là, Marius savait qu’il pouvait compter sur lui. Tout comme le renard et le petit Prince, ils s’étaient apprivoisés, avec beaucoup de pudeur. Traébice laissait Marius cheminer à son rythme, il était là. Une amitié était née, mais Marius avait peur : Traébice était un sage au village, respecté de tous, Marius n’était qu’un troll. Il avait encore tant à apprendre. Traébice le sentait bien, par moment Marius s’éloignait, se renfermait. Il n’osait pas avouer à Traébice ce qui le tourmentait. Il espérait que comme de multiples fois il lirait entre ses mots. Tout en pensant, Marius avait fait un long chemin, il était arrivé au Baou.
Il sortit son cadran du berger, c’était Traébice qui lui avait offert, il lui avait longuement expliqué comment l’utiliser. Grâce à ce cadran, Marius allait pouvoir ramasser la lavande comme le lui avait demandé la sorcière. Il s’installa et le sortit, le mit en place : il n’était que dix-huit heures, Marius avait une heure à attendre, alors il repartit dans ses pensées.
A son retour il fallait qu’il explique à Traébice ce qui le tourmentait. Il lui parlerait, sous l'arbre à palabres, avec ses mots et Traébice comprendrait, il en était persuadé.
Il regarda de nouveau son cadran. Il indiquait dix-neuf heures. Il était temps de récolter la lavande, elle avait une odeur particulière, une forte odeur de sérénité. Marius savait qu'il trouverait les bons mots.A suivre...
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