18 juillet 2009

Un livre à la terre

 

 Le matin, je me levais avec cette éternelle sensation de vide.

Perpétuelle solitude, du figuier à l’olivier mes pas me portaient, le temps prenait son temps, invariable journée, hiver ou été, pas un grain de sable pour enrayer la machine.

Pas un seul remous pour y jeter une bouteille, une bouteille à la mer.

Le souffle des livres, seul moment où je m’envolais vers d’autres destins, d’autres passions, celles des autres qui devenaient un peu miennes. Des odyssées narrant des récits de bouteilles à la mer j’en avais lues, j’en avais rêvées, d’une vie à l’autre elles portaient mes héros.

Mil fois j’avais écrit des messages, tour à tour glissés dans des bouteilles. Loin de la mer, loin des coquillages, loin du rire des enfants, loin des sirènes, elles avaient fini au fond de ma cave. Les bouteilles poussiéreuses avaient conquis un espace, désordonner l’ordre de mon existence.

Univers de  mots, espace de rêve, les livres étaient le gouffre de mes pensées.

Vint un grain de sable, un livre à la terre. Quelques mots sur une feuille glissée entre les pages d’un livre.

 Le silence s’en est allé, du figuier à l’olivier nos pas nous transportaient, le temps prenait son temps, soupçon de bonheur qu’une main avait semé. Prendre soin de nous.

 

 

La contrainte : Les impromptus

 

 

 

28 juin 2009

Le boudoir du songe

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La contrainte des Impromptus Littéraires : commencer son texte par Dans le petit boudoir de Mademoiselle

Dans le petit boudoir de Mademoiselle, je viens me réfugier. Quelques heures, que dis-je quelques jours me séparent encore du moment où mes yeux vont  s’agiter devant la page de la lettre P du site ocean.ac….
Dans le noir du boudoir, je songe à mon songe. Toutes ces années passées qui ne semblent tenir qu’à un mot. Ce long combat, je me demande encore quant avait-il réellement commencé.  Etait-ce alors que je n’avais que quelques années et que j’étais assise sur les bancs de l’école ? Etait-ce après le bac? Qu’importe un brin de songe était resté, je l’ai senti me tournicoter les neurones bien des années après quand j’ai répondu à Noémie : j’aimerais tant mais c’est impossible, je ne peux pas...
Aujourd’hui je regarde hier, le chemin parcouru. Je pense.
Je me souviens de nos fous rires et l’histoire qui restait immuablement hermétique à mes neurones, Marco polo avec des Nike pour arriver à pied en Chine, pas de bateau pour lui !
Je me souviens du blues des poux !
Je me souviens du premier concours blanc de français.  Je m’étais retrouvée ensevelie sous une multitude de mots, impossible de les figer, ils gesticulaient comme des limaçons. Feuille blanche qui m’hypnotisait, peur de ce filet bleu qui traçait des signes.
Je me suis battue contre des vieux fantômes.
Nulla dies sine linea, me confronter à la page, aux lettres, aux mots.
Chemin faisant, d’une ligne à l’autre, j’ai appris.
Impossible c’était le mot que j’avais associé à instit. Hier, au concours, c’est avec à l’impossible on est tenu de Jean Pierre Siméon que j’ai défendu ma place, un grain de folie ? Probablement.
Du boudoir, je vous vois, je ris, je souris. Le chemin d’hier continue sa route vers demain.
Les prochaines années  ne tiennent pas qu’à un mot, elles seront riches d’hier.

12 octobre 2008

courririez

 

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La consigne de cette semaine : écrire un texte qui commence par : Tous les soirs c’était la même farce et y insérer un ou des instruments de musiques

Tous les soirs c’était la même farce, ma mère qui aimait jouer avec les mots nous préparait des petits jeux pour les soirées d’hiver au coin du feu. Bien que mes camarades passassent leur soirée devant le petit écran, moi je veillais  avec ma famille auprès du feu. Parfois Maman nous lisait des histoires, mais la plupart du temps nous faisions ensemble des jeux. Ce soir, elle nous tendit une feuille de papier, dessus, elle y avait écrit quelques mots. Quand elle nous passa cette feuille, j’eu un rictus. Maman pensait certainement nous apprendre de nouveaux mots, la feuille ne comportait que des noms d’instruments de musique, certains peu connus. Intérieurement je riais, hier lors du cours de musique, je suis élève au collège, le professeur nous avait fait travailler sur les vieux instruments de musique et dès la lecture des noms inscrits sur la feuille, je sus de quoi Maman nous parlait. Mais c’était bien peu connaître maman en effet la deuxième feuille comportait des définitions dont aucune ne me faisaient songer à un instrument de musique.

Nous passâmes le reste de la soirée à réfléchir, nous rîmes tous de bon coeur tout en cherchant à résoudre cette énigme. Pour sûr maman était fier de nous et de notre perspicacité, la douceur de son regard nous réchauffait. Et vous, seriez-vous joindre chaque mot à sa définition ?

Violon, Chalumeau, harpe et luth

 

Tortue marine géante dont la carapace à peau molle est dépourvue d'écailles.

 

Ensemble de tringles de bois dont on garnit les tables par mauvais temps pour empêcher les assiettes et les bouteilles de glisser au roulis

 

Tuyau de métal précieux utilisé dans l'Église romaine au cours de la messe pontificale pour aspirer le vin de l'eucharistie.

 

Mollusque marin à coquille univalve dont le dernier tour très développé porte de grandes côtes parallèles assez minces et saillantes, de la classe des Gastéropodes

 

Les soirées que j’aimais particulièrement étaient celles où nous parlions de l’étymologie des mots et où nous finissions par en construire, le dernier des mots que nous ayons imaginé est courririez, c’est un verbe au subjonctif présent dont la définition est : rire en courant. Un sport que j’affectionne particulièrement et que j’ai pratiqué avec tant de plaisir ce matin même.

 

 

02 octobre 2008

Bouts-rimés

 

Photo :  Yannick Arnoud du site des impromptus litteraires (http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/index.php)

 

 

 

 

Bouts de bois arrimés,

Unilien d’un pont dressé,

Impromptu chemin de vie,

Tangente survie,

 

Appui littéraire,

Charmille téméraire,

Odyssée vagabonde,

Réflexion féconde.