20 juin 2008
Les nocturnions, Peuple de la nuit 2
Mais ce matin, Mathilde était déjà dans la cuisine, anxieuse et heureuse.
Elle devait confectionner le repas pour leurs hôtes. Ils avaient longuement discuté afin d’établir la liste des invités. Bien qu’ils sussent que le jardin s’emplirait de joyeux enfants dès le milieu de l’après-midi, ils souhaitaient passer un moment privilégié avec leurs amis afin de savourer ensemble ce bonheur.
Elle but son café puis partit sur la plage. Elle avait besoin de ce moment de calme, seule face à l’immense étendue d’eau. La douceur de ce matin de printemps lui permit d’ôter quelques vêtements. Elle s’allongea et posa délicatement sur son corps quelques galets, jouant ainsi à se transformer en tableau. Elle sentit le calme revenir, sa respiration devint plus paisible. Mathilde avait un surprenant rapport à la nature, elle flânait souvent suivant les chemins sans but précis. Ses mains aimaient à toucher toutes sortes de matériaux. De ses promenades, elle ramenait toujours, dans son sac, quelques objets glanés de-ci de-là. Sa maison était emplie d’œuvres d’art qu’elle avait fabriquées avec la nature, thème récurant dans toutes ses œuvres. Elle semblait entrer en communion avec tous ce qu’elle touchait. Il pouvait lui arriver de se lover dans la cavité d’un tronc d’arbre ou d’une pierre creuse, de se confectionner un cocon dans le sable. Elle parlait aux arbres, caressait leur écorce, regardait émerveillée le vol d’un tourtereau.
11:34 Publié dans Récit à suivre......... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mai 68, nouvelle