« Les nocturnions, Peuple de la nuit 4 | Page d'accueil | Les nocturnions, Peuple de la nuit 6 »
30 juin 2008
Les nocturnions, Peuple de la nuit 5
Ils partirent tous en promenade. Le chemin longeait des champs de lin en fleur, on passa devant la ferme. Gaston était à l’étable, la blanche venait de mettre bas, sa femme proposa aux promeneurs de venir voir le nouveau-né. Le veau était d’une blancheur similaire à celle de sa mère. Les enfants étaient ravis de ce spectacle. Elle les conduisit ensuite au pâturage, de nombreux veaux étaient en train de téter leur mère. Les fermiers connaissaient bien leur voisin. Mathilde venait chercher son lait et ses œufs à la ferme. Ils avaient sympathisé et passé quelques soirées ensembles. Gaston avait senti l’attirance que Mathilde avait pour la nature. C’est lui qui l’avait initié au plaisir du potager. Il l’avait aidé à préparer son premier purin. Gaston aurait probablement aimé avoir une fille comme Mathilde mais la vie lui avait donné deux fils comme il disait deux fils partis à la ville. Deux fils qui avait oublié la couleur de la terre, l’odeur de l’herbe, la chaleur d’un rayon de soleil. Il vivait là où le ciment, et le bitume avaient pris la place de la terre, de l’herbe. Un temps, il avait lutté, interdit leur départ, mais finalement le cœur lourd il les avait laissés partir dans le monstre de ciment.
La joyeuse troupe repris le chemin de la maison, seize heure était proche. Quelques papillons les accompagnaient, ils voltigeaient autour d’eux et les enfants couraient, cherchant à en attraper. Mathilde les observait, ses pensées voltigeaient avec les papillons. Dans ses yeux, on pouvait lire son plaisir. Pour elle rien n’était plus doux que le rire d’un bambin.
Lorsqu’ils franchirent la barrière le livreur n’était pas encore là. Le temps de l’attente sembla interminable.
11:39 Publié dans Récit à suivre......... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mai 68, nouvelle, chienlit
Ecrire un commentaire