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23 juin 2008

Les nocturnions, Peuple de la nuit 3

Quand elle revint, il avait fini son petit-déjeuner. Il était temps de se mettre devant les fourneaux et de confectionner le repas du midi. Elle avait prévu une mousseline de courgette avec des copeaux de parmesan et une sauce basilic, venait ensuite le poisson, des filets de rascasse accompagnés de légumes printaniers, le dessert ne pourrait être autre que sa fameuse tarte au citron. Leurs amis appréciaient cette manière qu’ils avaient de recevoir. Les repas que Mathilde préparait alliaient toujours finesse et diététique. La plupart des aliments provenaient de son jardin. Le vin, c’était Oscar qui le choisissait ; sa cave, il l’avait enrichie au fils des ans. Il savait marier les mets de sa femme aux vins raffinés.
Mathilde avait fait un détour par le potager afin d’y ramasser courgettes, pois gourmands et carottes. Le basilic poussait dans un pot décoré par sa filleule. Elle l’avait posé sur le rebord de la fenêtre. Il lui suffisait de l’ouvrir pour en cueillir quelques feuilles.
Chaque année Mathilde voyait avec bonheur arriver les premiers rayons de soleil qui réchauffaient la terre. Elle préparait alors les premières graines à planter, un peu de mesclun, quelques pieds de petits pois, le persil et les carottes. C’était une lutte sur elle-même, elle aurait aimé planter les tomates, les courgettes, mais tant que le temps des gelées n’était pas passé, elle savait le risque qu’elle faisait prendre aux jeunes pousses. Un jour, afin de mettre fin à ses dilemmes, Oscar lui avait confectionné une petite serre au fond du jardin, ainsi elle pouvait planter un peu plus tôt ses graines de courgette, celle que sa maman lui envoyait tous les ans. Francine allait en Italie les chercher, elle savait le plaisir ressenti par sa fille lorsqu’elle ouvrait l’enveloppe. Francine, elle-même mère de six enfants rêvait secrètement que sa plus grande fille lui offre enfin le bonheur d’être grand-mère. Parfois le regard plongé dans les pensées, elle entendait un enfant l’appeler Mamilou, surnom qu’elle trouvait si doux.

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