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12 septembre 2007

Le secret des nuits noires (6)

Marius reprit son chemin, il devait partir vers une nouvelle quête, il ne lui restait que peu de temps pour atteindre l'oliveraie. La feuille de chou lui indiquait  le chemin à prendre.

Bien que marchant à vive allure, Marius ne voulait rien manquer de ce qui l'entourait, il voulait enfuir au plus profond de lui chaque paysage, chaque image et chaque odeur qu'il croisait. Le sentier était bordé de chêne liège, Marius aimait sentir sous sa main la rugosité de son écorce. Un morceau, chez lui, servait de desserte pour les fruits. Son père l'avait taillé dans le chêne derrière la maison. Il sourit tendrement en pensant à ses proches. Alors qu'auparavant la seule idée de penser à eux l'emplissait d'un profond chagrin, là, aujourd'hui il sentait leur présence en lui. Il était heureux. Le chemin devenait de plus en plus abrupt. La chaleur de cette fin de matinée commençait à rendre le parcours difficile. Marius n'avait plus une seule goutte d'eau.

Le sentier bifurqua brusquement, il semblait vouloir contourner une barre rocheuse. Marius sentait la fatigue le gagner. Au-dessus de lui, il voyait des branches d'olivier dépasser du rocher, il avait soif, le soleil tapait fort, mais il ne pouvait pas s'arrêter, il devait avoir atteint l'oliveraie avant la tombée de la nuit. C'était aujourd'hui le dernier jour pour récolter les feuilles d'olivier.

Il vit le sentier qui continuait en longeant la barre rocheuse, il lui restait quelques kilomètres à parcourir. Un pas puis un autre, il avançait lentement.

Lorsque le chemin passait dans les éboulis, il glissait et chaque pas pouvait le faire redescendre un peu plus bas. Il puisait au fond de lui le courage d'avancer. Il voulait arriver là-haut. Il en oubliait la douleur dans les jambes, la sécheresse de sa bouche, une seule chose comptait, parvenir aux oliviers. 

Lorsqu'il atteint enfin l'oliveraie, le soleil brillait toujours, Marius ressentit un profond plaisir. Il avait réussi, il avait réussi à gravir cette barre rocheuse en allant au-delà de sa fatigue, de sa soif.

Il s'approcha de l'arbre central comme le lui indiquait la feuille de chou. Sur le tronc il vit alors une cigale. Elle s'était tue. C'était la première fois qu'il en voyait une. Il aimait cet insecte qui venait chanter durant l'été. Il l'avait imaginé tout autre, se parant de mille reflets. Il remarqua ses yeux, ils avaient de splendides marbrures vertes.

Tout en regardant la cigale, il ramassa les feuilles d'olivier, elle aussi semblait le regardait. Il était pensif, ces yeux, ce vert...

A suivre... 

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