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26 août 2007
Le secret des nuits noires (5)
Après un petit passage où la feuille restait inexorablement blanche voici enfin, comme le diront certain, la suite.
Marius avait ramassé la plume de l’aigle, il avait la lavande, il lui fallait maintenant partir à la quête de feuilles de consoude. Il la connaissait bien, car cette feuille était très utilisée dans son village. On en faisait un purin. Celui-ci, très riche en minéraux, se trouve être un excellent engrais naturel, alors vous comprendrez bien que vivant dans leur paisible village, les habitants de Péailles sont aussi de grands connaisseurs en matière d’engrais bio.
Cette consoude, Marius devait aller la chercher après le rocher de la chèvre noire.
Il se mit en chemin, tout en marchant il admirait la beauté des paysages, il observait la nature, les insectes, il vit un petit lézard assoupi sur un rocher au soleil, soudainement il sentit une odeur, une odeur qu’il connaissait déjà, cela le fit frissonner, oui, cette odeur de rose ,c’était une odeur qu’il avait découvert un jour avec une amie, il se souvint de ce moment où il avait humé avec tant de force cette senteur afin d’en garder le souvenir. Marius avait au fond de lui des souvenirs où flottaient des fragrances, les uns menant aux autres. L’odeur du peuplier après une averse le renvoyait à son enfance, à la douceur des vacances, l’odeur du figuier le transportait chez sa maman. Marius avait sans aucun doute un odorat très développé, mais il aimait aussi sentir ce qui l’entourait, rechercher de nouveaux arômes, et facilement, il assimilait à des instants de bonheur, des odeurs.
Pour parvenir de l’autre coté du rocher de la chèvre noire, Marius devait emprunter un pont, un pont suspendu. Le vide, un immense et angoissant vide le fit reculer de trois pas. Il avait le vertige, comment allait-il pouvoir traverser ce pont, il regardait, de l’autre coté, le bout du pont, mais son regard finissait inexorablement au fond du gouffre, il tenta de s’approcher du pont, de mettre un pied, l’angoisse à chaque fois le gagnait et il devait reculer.
Il canalisa ses forces, chercha à se ressourcer, il se mit à penser à Traébice, s’il était là, à coté de lui, ce pont, il le franchirait, alors il sentit une effluve passer sous son nez, c’était une douce odeur d’iris, et pourtant, il n’y avait aucun iris autour de lui, alors il respira profondément et il prit conscience que le courage était en train de monter en lui, il s’avança près du pont, fit un premier pas, puis un autre. Il avait la sensation que Traébice était là, qu’il lui tendait les mains, il eut l'impression de le voir, là, de l’autre côté du pont, avec ses grands yeux verts. A côté de Traébice, il eut le sentiment de voir ceux qui jusque-là, à ses côtés, lui avaient donné le courage d’aller toujours plus loin, debout et la tête haute. Ils étaient tous là, ils l'encourageaient. Il se sentit fort et franchit le pont. Il trouva sans difficulté la consoude, il en ramassa un plein sac. Marius venait de saisir que mêmes absents les gens étaient présents au fond de lui et pouvaient l’aider à avancer…
A suivre…
23:40 Publié dans Récit à suivre......... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
encore, encore!!! :o)))
Ecrit par : chris | 02 septembre 2007
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