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05 juillet 2007

Le suprême artichaut

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C’est durant une promenade sur des capucines que je trouvais l’objet qui devait à jamais changer ma vie : une délicate graine d’artichaut, d’un violet pourpre digne des palais impériaux. La capucine qui me la donna, une vieille capucine aux couleurs chatoyantes, m'a raconté qu’un léger souffle de vent l’avait déposé sur sa pétale. Elle me demanda d’en prendre grand soin, c’était selon elle une sorte de talismatlas. Je la déposais donc dans mon germoir. Après de longues heures d’attente, mes efforts furent récompensés par la germination de la graine. Sur la première feuille, je découvris une minuscule carte de géographie. Il y était dessiné clairement un chemin étroit, des parterres de fleurs, des rigoles d’eau et une région nourricière. C'était sans aucun doute, au regard de

la description donnée par un de mes ancêtres, le pays des artichauts.

 Moi Oscar Marius Lepuceron je décidais de partir pour le pays des artichauts. Après un long voyage, je découvris enfin l’objet de mes rêves. C’était un de ces anciens potagers où les plantes étaient rangées, alignées, et pourtant mêlées les unes aux autres dans un enchevêtrement ordonné.

J’appris à connaître chacune de ces plantes, elles produisaient une délicieuse nourriture, mais ce que j’appris surtout c’est qu’un long processus leur avait été nécessaire pour se transformer en de magnifiques plantes. Toutes s’étaient retrouvées un jour dans la terre. Le vent, les insectes, la main de l’homme, les avaient faites voyager. La pluie avait déversé une eau fraîche et limpide qui leur avait permis de germer. La terre les  nourrissait et les faisait grandir. Le potager était ainsi un espace splendide. Le parfum, la couleur des fleurs et des légumes lui donnaient un air magique. Le vert de la courgette, le blanc de la fleur du petit pois, le rose du radis qui sort le bout de son nez de la terre, le bleu du bleuet, le rouge de la groseille, toutes ces plantes transformaient un lopin de terre en un tableau féerique.

Ce fut au fond du potager que je remarquai brusquement l’artichaut. Il était là tranquille, il profitait des rayons du soleil pour grandir encore et toujours. Je m’approchais de lui doucement, il avait des feuilles majestueuses, son cou droit lui donnait un air de roi. Dans le recoin d’une de ses feuilles je découvris une demoiselle, elle avait élu domicile dans le feuillage de l’artichaut. Nous fîmes connaissance et après de longues semaines j’osai un soir l’inviter à contempler le ciel étoilé d’une fraîche soirée d’automne. C'est ainsi qu'une rencontre qui, au demeurant, peut sembler bien banale devint pour Oscar Marius Lepuceron un événement qui changea sa vie. Ils vécurent longtemps dans ce monde paradisiaque et peut être les avez vous croisés lors d'une de vos promenades.

 

C L Moucheron

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